J.P.Sartre texts

(La Nausée p.183-184)
(Text sans accent grave, circonflex, cédille, etc.)

„L’essentiel c’est la contingence. Je veux dire que, par definition, l’existence n’est pas la necessité. Exister, c’est etre la, simplement ; les existants apparaissent, se laissent rencontrer, mais on ne peut jamais les déduire. II y a des gens, je crois, qui ont compris ca. Seulement ils ont essayé de surmonter cette contingence en inventant un etre nécessaire et cause de soi. Or, aucun etre necessaire ne peut
expliquer 1’existence : la contingence n’est pas un faux semblant, une apparence qu’on peut dissiper; c’est l’absolu, par consequent la gratuité parfaite. Tout est gratuit, …voila ce que les Salauds… essaient de se cacher avec leur idee de droit. Mais quel pauvre mensonge : personne n’a le droit; ils sont entierement gratuits, comme les autres hommes, ils n’arrivent pas a ne pas se sentir de trop. Et en eux-memes, secretement, ils sont trop, c’est-a-dire amorphes et vagues, tristes.”

 

Faute de renseignements plus précis, personne, à commencer par moi, ne savait ce que j’étais venu foutre sur terre.
Les Mots (1964), Jean-Paul Sartre, éd. Gallimard, coll. « folio », 1972 (ISBN 2-07-036607-3), partie Lire, p. 70

Mais, par la suite, dans le Dieu fashionable qu’on m’enseigna, je ne reconnus pas celui qu’attendait mon âme : il me fallait un Créateur, on me donnait un Grand Patron ; les deux n’étaient qu’un mais je l’ignorais ; je servais sans chaleur l’Idole pharisienne et la doctrine officielle me dégoûtait de chercher ma propre foi.[…] Une seule fois, j’eus le sentiment qu’Il existait. J’avais joué avec des allumettes et brûlé un petit tapis; j’étais en train de maquiller mon forfait quand soudain Dieu me vit, je sentis Son regard à l’intérieur de ma tête et sur mes mains ; je tournoyais dans la salle de bains, horriblement visible, une cible vivante. L’indignation me sauva : je me mis en fureur contre une indiscrétion si grossière, je blasphémai, je murmurai comme mon grand-père : « Sacré nom de Dieu de nom de Dieu. » Il ne me regarda plus jamais.[…]. Aujourd’hui, quand on me parle de Lui, je dis avec l’amusement sans regret d’un vieux beau qui rencontre une ancienne belle : « Il y a cinquante ans, sans ce malentendu, sans cette méprise, sans l’accident qui nous sépara, il aurait pu y avoir quelque chose entre nous ». Il n’y eut rien.
Les Mots (1964), Jean-Paul Sartre, éd. Gallimard, coll. « folio », 1972 (ISBN 2-07-036607-3), partie Lire, p. 78

Situation III

par Jean-Paul Sartre

Résumé

Situation III (dont le sous-titre est : « Lendemain de guerre »), est une œuvre de l’écrivain, dramaturge, et philosophe Français Jean Paul Sartre. C’est plus particulièrement un recueil de cinq articles publié en 1949 en France aux éditions Gallimard….

Sartre effectue son analyse à travers l’existentialisme et autour de l’être humain dont la race a été avilie et asservie, mais qui n’est pas sans espoir pour autant. Si l’individu a perdu sa liberté en Europe, celle-ci existe encore en Amérique : « Nulle part je ne me sens plus libre qu’au sein des foules new-yorkaises ». L’auteur estime que le fait d’avoir été victime de régimes totalitaires et dictatoriaux ne fait que révéler la liberté de l’homme qui se révolte un jour, reprenant le pouvoir sur son existence. En effet, être dépossédé de cette liberté et le fait de s’en rendre compte est la preuve qu’elle existe et qu’elle vit au plus profond de chaque être humain. Certes il existe des obstacles, mais le fait de se trouver soumis à un pouvoir arbitraire, tout puissant et injuste, oblige les humains à faire des choix, et c’est dans ces choix que l’on retrouve l’humanité de chacun, faisant de tout individu un être pur et libre. Ces choix ont besoin de courage, que l’auteur souligne en opposant les résistants et les collaborateurs, mais aussi les « neutres » qui ne prennent aucun parti donc aucun risque.

Les Etats-Unis, terre de liberté, n’est pourtant pas exempte de critique. Et bien que la ville de New-York représente selon Sartre le plus beau des cosmopolitismes, il ne perd pas de vue que dans ce genre de grandes villes, des millions d’âmes sont anonymes et plongées dans une grande solitude. Il critique le conformisme qui règne aux USA, qu’il présente comme étant un état colonial d’Europe, et qui n’a pas évolué depuis l’indépendance de 1776. Selon lui, la modernité matérielle ne fait pas de l’homme libre une meilleure personne, si on n’essaie pas de comprendre son évolution.

Parmi ces articles, Sartre traite aussi de « la république du silence », où il souligne le fait que l’on doit être engagé pour faire les bons choix et rester libre, tout comme il s’engage lui-même au niveau social et politique. Il écrit : « Jamais nous n’avons été plus libres que sous l’occupation allemande », exprimant le fait que bien que les armées ont retiré les libertés aux habitants, elles n’ont jamais pu retirer à qui que ce soit sa liberté de choix, d’opinion, et d’expression, ce qui garantissait une possibilité pour chacun de choisir son camp. Cette possibilité de choix, de pouvoir s’engager pour ce que l’on croyait juste, révèle la liberté. L’auteur glorifie la résistance, qu’il cite comme l’armée la plus fraternelle et soudée de toutes, où règne l’égalité sans hiérarchie, mais ayant l’organisation nécessaire pour lutter.

Enfin, Sartre essaie de comprendre la collaboration. Il estime qu’aucune classe sociale n’a plus de propension qu’une autre à collaborer, que cela provient d’une perte de repères et d’une désintégration sociale. Selon lui, le collaborateur cherche ainsi un nouvel ordre, une nouvelle société. Loin de lui donner des excuses, il admet que l’on puisse être attiré par la modification de la société, en allant vers un changement que l’on croit bon, dans une volonté d’évolution. Ainsi L’auteur ne blâme pas les esprits faibles, mais pense que cela ne doit cependant pas excuser celui qui a manqué à son rôle en tant qu’être humain de juger ce qui est juste ou non, bon ou mauvais, et qui a agi au service de la mort et de la dictature.

Par la critique qu’il fait des régimes dictatoriaux, Sartre s’oppose de front aux idées révolutionnaires de Karl Marx. Il oppose deux types de classes sociales vis à vis de leurs positions dans la chaine de production à l’usine, dans l’entreprise, ainsi que les riches et les moins riches, ceux qui dirigent et ceux qui obéissent etc. L’auteur tente de prouver par ces oppositions que les thèses reprises par le parti communiste ne sont pas bonnes. Il estime que s’il y a du bon à en tirer, en tant qu’homme de gauche, il y voit aussi de nombreuses incohérences, et pense que son application dans la société ne se ferait pas sans problème. Il ne réfute néanmoins pas tout, étant donné qu’il compare et rapproche ensuite une part des idées révolutionnaires. En effet, il replacera l’homme au centre de la réflexion, à la place de l’argent, du matériel et du profit, dans ses travaux et sa thèse existentialiste.


2018/06/17 (blog)

Sartre et l’existence

Sartre renverse la perspective classique depuis Platon, qui défend une approche essentialiste : l’essence précède l’existence, la philosophie se doit ainsi chez les Grecs et leurs successeurs d’étudier l’Etre. Ainsi, dans la République de Platon, l’existence n’est qu’un mode secondaire, dérivé de l’Etre.

Ek-sistere, chez Sartre, signifie se projeter hors de soi. L’homme existe en ce qu’il n’est rien de défini, il devient ce qu’il a décidé d’être. L’homme crée son existence en se choisissant. La notion même de “nature humaine” est absurde, puisque cela confère à l’homme une essence à laquelle l’homme ne peut pas s’arracher (seuls les objets ont une nature, une fonction déterminée,
le sens de l’homme est de créer du nouveau, de modifier la figure du monde.L’homme vit pourtant mal cette situation de totale liberté. Il invente ainsi des subterfuges, notamment la mauvaise foi. La mauvaise foi consiste à faire semblant de croire que l’on est pas libre, c’est se rêver chose

L’homme fait de la facticité son excuse pour se faire en-soi. Sartre distingue 6 modes de facticité, c’est-à-dire de déterminations pesant sur l’homme :

le fait de naître dans une société et une époque donnée
le fait d’avoir un corps
le fait d’avoir un passé
le fait d’exister dans un monde qui nous préexiste
le fait d’exister parmi d’autres sujets (question de l’intersubjectivité)
le fait de mourir (finitude)

Pour Sartre, il faut assumer notre contingence.

( L’athéisme de Sartre est une exigence pour aller jusqu’au bout de la solitude de l’homme et sa responsabilité totale.)

Sartre et la liberté (blog)
«L’être ne saurait engendrer que l’être et, si l’homme est englobé dans ce processus de génération, il ne sortira de lui que de l’être. S’il doit pouvoir interroger sur ce processus, c’est-à-dire le mettre en question, il faut qu’il puisse le tenir sous sa vue comme un ensemble, c’est-à-dire se mettre lui-même en dehors de l’être et du même coup affaiblir la structure d’être de l’être. Toutefois il n’est pas donné à la “réalité humaine” d’anéantir, même provisoirement, la masse d’être qui est posée en face d’elle. Ce qu’elle peut modifier, c’est son rapport avec cet être. Pour elle, mettre hors de circuit un existant particulier, c’est se mettre elle-même hors de circuit par rapport à cet existant. En ce cas elle lui échappe, elle est hors d’atteinte, il ne saurait agir sur elle, elle s’est retirée par-delà un néant. Cette possibilité pour la réalité humaine de sécréter un néant qui l’isole, Descartes, après les Stoïciens, lui a donné un nom : c’est la liberté.»

Dan Gereb updated his status.
December 14, 2016 · 

Insights from the finale of west world. Again I will try to be vague to avoid spoilers…

To summarize Sartre in Being and Nothingness – in humanity our existence precedes our essence. This is unlike anything in our world. For example, the idea of what a chair should be, precedes the existence of a chair. The idea of what a massage table should be, precedes the existence of one. Why would anyone create anything, without some purpose in mind?

However, existence of humanity runs contrary to this. It precedes the definition or ‘form’ of what it is to be human. Instead, as Sartre put it ‘ens causa sui’, we are a being that causes itself, we hold the unique power to define our own meaning in this world. Each person holds both this grave responsibility and this unique power simultaneously. That is, the power to define what it mean to be human for all of us. Every decision one makes is a testament to what we believe the ideal human should do. Nobody makes a decision they do not deem good in the context of the circumstances they are in. Hence in every decision we define exactly what it means to be good.

As such, every decision we make paints a picture of what we think of ourselves. In turn with every decision we also define morality as a whole. Every decision is another stroke, leading what it is to be mankind in one direction or another.

What will you find when you reach the center of the maze?

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